Pendant un certain nombre d’années, on m’a demandé de prêcher à l’église qui se trouvait près de mon lieu de travail, le dimanche de la Sainte Famille (qui est le dimanche après Noël). Parce que je travaillais avec les familles de cet endroit comme infirmière et qu’elles me confiaient souvent leurs soucis et leurs problèmes, je les connaissais bien ainsi que leurs besoins. Certaines personnes avaient des couples peu orthodoxes et craignaient la colère de Dieu. C’étaient de braves gens pour qui la vie n’était pas facile et je voulais leur faire comprendre par mon homélie que Dieu les aimait de toute façon :
“Il y a fort longtemps – c’était il y a 4.000 ans – il y avait un homme qui avait une épouse et qui avait aussi un problème. On lui avait promis un héritage pour ses enfants et les enfants de ses enfants, une très grande étendue de terre fertile. Le problème, c’est qu’il n’avait pas d’enfants et que sa femme était trop âgée pour en avoir. Or, sa femme avait une esclave et suggéra que celle-ci porte un enfant de lui. Il accepta. Il coucha avec Hagar, l’esclave de Sarah, et il eut un fils. Plus tard, Dieu envoya un message à cet homme pour lui dire que sa femme aurait elle aussi un fils l’année suivante, ce qui arriva. La famille était donc maintenant constituée d’Abraham, de sa femme Sarah, de l’esclave de sa femme, Hagar, et de leurs deux enfants. Et c’est maintenant Sarah qui avait un problème. En effet, le fils d’Hagar, Ismaël, était plus âgé que son fils Isaac, et selon la loi de la terre, c’est lui qui devait hériter de tout. Sarah harcela son mari jusqu’à ce qu’il bannisse Hagar et son fils.
Environ une génération plus tard, il y avait un homme appelé Jacob. Il épousa deux sœurs, Leah et Rachel, qui étaient aussi ses cousines germaines, et il prit deux concubines, Bilhah et Zilpah, les esclaves de ses femmes. Au total, les quatre femmes lui donnèrent douze fils et plusieurs filles. La famille était donc constituée de ses deux femmes, de ses deux maîtresses et d’un grand nombre d’enfants. Ces douze fils devinrent les chefs des douze tribus d’Israël. Vous vous souvenez du plus jeune, Joseph, connu pour son manteau multicolore.
De très nombreuses générations plus tard, en l’an 6 avant Jésus-Christ, il y avait une jeune fille de 15 ans du nom de Marie, dont le mariage avait été arrangé avec un charpentier appelé Joseph. Ils étaient fiancés. Mais elle se retrouva enceinte et Joseph n’était pas le père, une situation qui provoqua une terrible panique. Elle disait qu’un ange de Dieu lui était apparu, mais Joseph ne savait rien de tout cela. Elle risquait d’être lapidée si les autorités venaient à l’apprendre. Cependant, l’ange apparut aussi à Joseph et le mit au courant. Joseph accepta la situation, et ne voulant pas particulièrement voir Marie lapidée, décida de ne pas la laisser tomber. Cette famille était donc constituée de Marie, de Joseph et de leur fils Jésus dont Joseph n’était pas le père. On pense que Joseph était beaucoup plus âgé que Marie et qu’il avait eu des enfants avant de l’épouser.
Finalement, Jésus grandit et un jour qu’il se reposait au bord d’un puits à l’entrée d’un village, il se mit à discuter avec une femme. Au cours de la conversation, il apprit qu’elle avait plusieurs enfants de six partenaires différents. Jésus ne la condamna pas. Elle se rendit compte qui Il était vraiment et devint disciple de Jésus. Elle retourna alors au village pour raconter aux gens ce qui s’était passé.
Comprenez bien que je ne suis pas en train de juger ici les différents groupes de personnes qui vivent ensemble et forment une famille. Seul Dieu pouvait lire dans le cœur de Marie et savoir que c’était son propre fils qu’elle portait. C’est Dieu qui a choisi la structure de la famille humaine sous toutes ses formes, dans sa fragilité et sa créativité, pour transmettre des connaissances sur Lui à travers les générations jusqu’à aujourd’hui.
Au cours des deux mille ans qui viennent de s’écouler, lorsque l’Eglise, fondée par le Christ pour nous instruire, nous guider et nous encourager à marcher sur ses pas, s’est retrouvée handicapée par son propre pouvoir, sa richesse et sa pompe, c’est la famille, guidée par l’Esprit Saint, qui nous a aidés à nous en sortir. Dans les périodes d’oppression et de persécution par des pays étrangers ou des régimes politiques hostiles, c’est la famille qui a gardé vivante la flamme de la foi en secret. Nous en avons la preuve de nos jours, dans de nombreuses régions du monde, par les récits qui nous parviennent de l’Eglise du silence.
La famille est l’élément le plus important de la société, quelle que soit sa composition. La réalité aujourd’hui, comme par le passé, c’est qu’il y a des familles constituées de groupes de personnes qui ne correspondent pas au modèle conventionnel du père, de la mère et de leurs deux enfants. Chaque famille est précieuse aux yeux de Dieu et aimée profondément par Lui. Il en est ainsi depuis la création de l’humanité.
Abraham, Isaac et Jacob dont nous venons de parler sont les pères de la foi et c’est à eux que Dieu s’est tout d’abord fait connaître, et c’est par eux et leurs familles, de génération en génération, qu’Il s’est révélé petit à petit et qu’il a manifesté progressivement Sa volonté pour l’humanité. Dieu ne les a pas exclus parce que la structure de leur famille était un peu inhabituelle ou créative. En Jésus, Dieu a assumé une forme humaine et il est entré librement dans une famille humaine pour offrir l’ultime sacrifice, qui nous a sauvés et libérés de l’esclavage du péché. La foi est un don de Dieu à toute personne ouverte pour le recevoir. C’est au sein de la famille que les fondations sont posées, celles de la connaissance et de l’exemple d’une manière chrétienne de vivre, fondations sur lesquelles la graine de la foi peut être cultivée et grandir.
La famille idéale est constituée du mari et de son épouse qui s’engagent pour la vie l’un envers l’autre devant Dieu par le sacrement du mariage et élèvent des enfants qui quitteront le nid au bon moment. Mais nous ne vivons pas dans un monde idéal. Les familles ne sont pas parfaites. Dieu seul connaît le fond des cœurs. Notre espérance réside dans nos enfants. C’est pourquoi chacun d’entre nous, marié ou non, tante, oncle, voisin ou ami, nous avons la responsabilité de soutenir la famille et de l’aider à se développer de toutes les façons possibles.”
Traduit de l’anglais (article original de Mary, Irlande, Province d’Irlande)